Par un jugement du 15 janvier 2026, le tribunal administratif de Poitiers a annulé la décision du maire de la commune d’Angoulême, directeur de la publication du magazine d’information municipale « Angoulême Mag », de publier une tribune de la majorité en raison de la méconnaissance du droit d’expression des élus d’opposition.
Le maire d’Angoulême, directeur de la publication du bulletin d’information municipale « Angoulême Mag », a autorisé, dans l’édition n° 110 de ce magazine, la publication d’une tribune de la majorité municipale, en page 28 et intitulée « Restauration scolaire : priorité à la qualité », répondant directement à une tribune de l’opposition publiée dans le même numéro, en page 29 et intitulée « Angoulême, la mauvaise élève ? ».
Estimant que cette décision méconnaissait leur droit d’expression, certains conseillers municipaux d’opposition ont demandé au tribunal administratif de Poitiers l’annulation de la décision de publication de la tribune de la majorité municipale.
Le tribunal a d’abord rappelé que l’article L. 2127-27-1 du code général des collectivités territoriales oblige les communes à réserver, dans leur bulletin d’information municipale, un espace réservé à l’opposition, qui ne peut en principe faire l’objet d’un contrôle par le directeur de la publication, sauf lorsque la tribune méconnaît les dispositions de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse. Il a ensuite rappelé que la majorité municipale peut également disposer d’un tel espace d’expression, sous réserve de ne pas porter pas atteinte au droit d’expression des élus d’opposition.
Le tribunal a relevé que la tribune de la majorité municipale portait sur une question d’intérêt local intéressant les réalisations du conseil municipal, à l’instar d’autres tribunes publiées par la majorité et par l’opposition dans des numéros précédents du magazine, et qu’elle ne portait pas en-elle-même atteinte à l’espace réservé à l’opposition. Il a néanmoins considéré que cette tribune constituait un commentaire critique précédant directement la tribune des membres de l’opposition, de nature à en réduire la portée et dont la publication ne pouvait en principe intervenir dans le même bulletin municipal. Il a également constaté que les auteurs de la tribune de l’opposition n’avaient pas été informés de la publication de cette tribune, les empêchant d’adapter, le cas échéant, leur tribune avant la publication du magazine. Dans ces conditions, il a estimé que la publication de cette tribune portait atteinte à la liberté d’expression des élus de l’opposition municipale.
Le tribunal a par conséquent annulé la décision du maire d’Angoulême, directeur de publication du magazine « Angoulême Mag », de publier cette tribune de la majorité.